lundi 8 février 2010
La grande roue dévoilée
lundi 1 février 2010
Le mensonge intégral
dimanche 24 janvier 2010
La potion magique
Réponse du berger à la bergère ; c’est Cyrano qui me vient à l’esprit pour fustiger le petit pêcheur du dimanche, tellement ridicule avec sa grosse épuisette :
En réalité, loin de la cour qui se pressait autour de l’ex-futur maire de la ville en campagne, je faisais mes comptes pour l’hyper stade, rognant avec une calculette sur le rembourrage des sièges des tribunes officielles, grattant sur le carrelage des douches, épargnant sur les cuvettes de WC, discutant en vain la taille des buts et le maillage des filets. Et sirotant - l’avouerai-je ? - un délicieux vin de quinquina préparé par Denise, avec un produit dégoté dans une épicerie bio, macéré dans un excellent cru bourgeois. Eau de vie, eau de jouvence !... Razibus, à nous deux maintenant ! Grâce à mon druide, j’ai moi aussi la célèbre potion magique pour 2012 ! Et un peu la tête qui tourne, ne le répétez pas !
dimanche 17 janvier 2010
Le Che se rebiffe !
Parlant la bouche pleine de galette républicaine, elle s’est déchaînée vendredi soir devant ses ouailles cantonales, me crachant à distance sa fève en plein visage ! Et elle récidive sur son blogue infâme, me dit-on, y traitant de guérillero un futur président de la République à qui elle taille un costume de Che Guevara ! Mais de quelle guérilla parle-t-on donc ? Voici l’affaire. Alors que la petite conseillère générale tirait les rois républicains sur ses terres, j’ai eu l’outrecuidance, à quelques pas de là et sans laissez-passer, d'entrer avec DD (ma Denise digitale) dans une résidence de personnes âgées, pour y inaugurer innocemment une console Wii, dans la plus stricte intimité. Quel crime abominable ! Qu’on n’imagine pas pourtant que la marâtre s’opposât à la "nintendonisation" forcée des vieux, bien au contraire ; elle revendique seulement le monopole de leur informatisation sur sa cagnotte parlementaire !
Quel est donc le chef d’accusation, me demanderez-vous ? L'horreur ! Rien moins que la médiocrité, la puérilité et la dérision, craille le volatile ! Plus perfide qu’Albion, j’ai choisi mon heure pour m’assurer de ne l’avoir point dans les pattes, voulant tirer la couverture des vieux à moi, au risque de les exposer à un refroidissement fatal. Soyons francs : je me soucie comme d’une guigne de ses galettes hivernales, dont peu m’importe qu’elles fussent briochées ou fourrées à la frangipane ! Croit-elle donc que je fouine dans son agenda, que je surveille tous ses mouvements, que je soudoie son pâtissier et son coiffeur ? Les choses sont plus simples en vérité : si j’ignore la péronnelle, c’est qu’elle n’a pas pour moi plus de réalité que Dieu pour un athée : elle n'est qu'une nuisible invention des socialistes dérangée pendant sa messe, voilà tout. Pour n'avoir pas comme d’autres la religion de cette femme fatale, je n’en comprends pas moins qu’elle meure d’envie, comme tout le monde, d’être vue à mes côtés, fût-ce au fond d'un hospice de quartier. Très peu pour moi : l’aimant veille à se tenir éloigné de cette pauvre limaille !
Cerise sur la galette, elle me taxe d’égotisme et d’inélégance – Ah ! son défunt maire au nom de stade insalubre ! –, m’accordant néanmoins au passage un cerveau… de bonne taille. Le guérillero lui en sait gré, mais craint que la pie ne soit pas elle-même mieux pourvue à ce niveau que la linotte. Comment, ne voyant pas plus loin que le bout de son nid, pourrait-elle comprendre que ma guérilla se déroule ailleurs, à des hauteurs où ne sauraient l’élever ses pauvres ailes ? Croit-on que je me soucie de prendre son canton à cette cantonnière, en ratissant des maisons de vieux dont nombre de pensionnaires auront rendu leur carte d’électeur à Dieu avant 2012 ? Non, c'est la jeunesse de France qu'il me faut ! Celle que Nintendo prépare depuis le berceau au monde virtuel de ses retraites !
Médecin dans le civil, me dit-on, cette femme revêche et gloutonne ne devrait pas ignorer qu’il est dangereux pour la digestion de mâcher sa galette en remâchant sa haine. Pour ma part, du reste, j’évite depuis longtemps de tirer les rois en politique, me souvenant d’un proverbe du cher professeur Choron dans l’Hara-Kiri de mes années soixante : "C’est toujours le chauve qui trouve le peigne dans la galette des rois". Et la pie, sans doute, qui tire le couteau.
samedi 9 janvier 2010
Hommage d'Epinal
A bien y réfléchir, je pourrais au demeurant être jaloux, à mon tour, que le Général ait déjà rappelé cet ombrageux compagnon auprès de lui, plutôt que moi. J’accepte au contraire sans broncher qu’il me cantonne ici-bas, pour permettre à la France de retrouver le rang qui lui sied dans le concert des nations. Puisque tels sont sa volonté et mon destin, je serai bien lundi aux Invalides, pour le représenter aux obsèques officielles. Avouerai-je pourtant que, depuis jeudi, me tourmente un verset abscons de l’évangile de Luc* : "Laissez les morts enterrer leurs morts". Certes la parole du Christ n’est pas à prendre à la lettre ; l’inhumation stricto sensu n’aura pas lieu du reste aux Invalides et il est trop tôt pour le Panthéon, quand bien même la crypte de Camus cherche encore un repreneur. Serai-je néanmoins à ma place au milieu de tous ces gens déjà, sans le savoir, morts politiquement ? C’est que mon royaume à moi est plus que jamais de ce monde, je n’en veux pour preuve qu’un titre enthousiaste d’un grand quotidien du soir, mardi je crois, sur ma rentrée politique. Être encore du Monde, ce n’est pas rien tout de même, comme dirait Razibus ! Surtout si l’on y échappe à la rubrique nécrologique.
A propos de Rikiki, il n’a échappé à personne que j'ai habilement poursuivi, cette semaine, ma tactique du cracher-cirer**. On m’avait entendu me démarquer franchement dans la presse du débat sur l’identité nationale, en balayant de la main cette foutaise inutile et stupide, dangereuse pour la France. Deuxième acte : après avoir craché dans la soupe, je mets finement aujourd’hui de l’eau dans mon vin : pourquoi pas un débat après tout, pour autant qu’on le réoriente ? Je souffle le froid et le chaud, c’est ma spécialité. Il y faut du courage et de la ténacité, mais on s’accorde à dire que je n’en manque point. Oui, je m’expose et prends des risques, alors que je pourrais faire le mort comme tant d’autres ou, pour me divertir au sens pascalien, prétendre vaquer exclusivement à mes occupations municipales.
Mais de quel ennui serait, mon Dieu, un urbi sans orbi ! Quelle humiliation publique que de faire la manche au conseil général pour quelques tribunes, alors que la presse m’en offre tous les jours gracieusement dans ses pages, autrement utiles à ma gloire nationale ! Quel gâchis ce serait que ma gnaque n'eût pour s’exprimer qu’un pauvre stade, quand elle est taillée pour une nation ! C’est que ma figure géométrique est l’Hexagone, voyez-vous, pas un misérable rectangle semé de gazon, tout juste bon pour notre fougueux défunt, amateur de football relégué en seconde division. Les Françaises et les Français ne s’y trompent pas, croyez-moi, qui savent faire la différence entre l’étiquette d’un grand cru classé et une simple image d’Epinal. Pour sortir du rang, l’homme politique doit, comme le vin, prendre de la bouteille, ce que Dieu ne donne pas hélas à tout le monde. Face à cette mort qui frappe et émeut la France, dirai-je le pincement au cœur que j’ai ressenti, ce matin, en foulant du pied la plaque de bronze qui, à l’entrée de mon palais épiscopal, au bas d'une longue liste, fait suivre mon nom d’un millésime originel et d’un inquiétant tiret. Comme suspendu, il semble me murmurer : "je t’attends" ? Et dire que c'est écrit, Dieu du Ciel !... Quand ? Fouetté par un méchant blizzard, j'ai senti mon corps soudain se glacer comme le marbre.
______
** Voir mon billet du 15 décembre 2009.
jeudi 31 décembre 2009
Françaises, Français...
Mes Chers Compatriotes,
Je remercie tous ceux d'entre vous qui, par milliers, m’adressent sans discontinuer depuis hier de touchants messages de sympathie, suite à l'odieux assassinat de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, au mépris de la volonté du peuple. Votre compassion, votre attente, vos prières sont autant de signes qui disent que je demeure pour vous, pour ce pays, le médecin référent de la planète. Oui, vous exprimez, au nom de toutes les Françaises et de tous les Français, et au travers d'eux de tous les citoyens du monde, la révolte, le désespoir, le refus d’être abandonnés, telles des stars vieillies du rock'n'roll, aux mains de praticiens incompétents ; des praticiens imbus d'eux-mêmes dont l’action inéquitable et brouillonne va vous interdire, des mois durant, de contribuer par une obole joyeuse et volontaire, au sauvetage d’un globe outragé, d’un globe brisé, d’un globe martyrisé ! D’un globe que vous me suppliez de libérer ! Votre confiance m'émeut mais surtout elle m'oblige, devant Dieu et devant les hommes.
Je vous ai compris !
Est-ce le hasard si Denise m’a offert pour Noël une édition rare, regroupant de précieux textes de Mauriac accompagnés de lettres d'éminents correspondants du grand homme ? Je ne le crois pas, tant mon âme est assurée que Dieu compte Lui aussi sur moi pour sauver aujourd’hui une Création en péril, devenue irrespirable et menacée d'hyperthermie ! Soyons francs : j’ai eu dans la nuit, par la grâce d’une divine insomnie, la fulgurante révélation que quelques lignes du maître de Malagar étaient écrites pour moi : "Même s’il succombait politiquement, il ne serait atteint en rien, il me semble, dans son être essentiel. Retourné à sa solitude, il demeurerait dressé sur un promontoire, le témoin de notre grandeur passée et de notre misère présente*."
Oui, j'ai succombé, largement à cause d'une méchante femme, mais ne suis atteint en rien. Comme le reste du monde, les Françaises et les Français voient aujourd’hui en moi la statue de leur Commandeur solitaire ; mieux encore : le fils de chair et de sang qui leur est envoyé du Ciel par le Général, dont ces mots de l’auteur de Préséances, on l’aura compris, brossaient il y a un demi-siècle le sublime portrait. Alors je leur dis, je vous dis, mes Chers Compatriotes : "N’ayez pas peur ! Au nom du Père, je ne me déroberai pas à la Résurrection ! Je viendrai vers vous, si seulement vous m'aidez à descendre enfin de ce maudit promontoire provincial qui est ma croix !"
Je ne me réjouis pas à ce stade, il va sans dire, des revers cruels que doit subir ces jours-ci un Razibus rapetissé, abattu, que j'encourage à lire attentivement son horoscope, plutôt que l’œuvre absconse de Marcel Proust qu’on aurait aperçue, dit-on, sur sa table de nuit, près d'une Rolex. Avis de grosse tempête, mauvais temps pour les Verseau ! Qui dira au petit Tom que sa recherche est vaine – hélas ! – puisque le temps perdu en politique ne se rattrape pas ? Au moins peut-il se réchauffer le cœur à l’idée que moi, j’imposerai majestueusement demain à l’Amérique et à la Chine, comme l’aurait fait le Général, ce qui lui a été injustement refusé hier à Copenhague. Je m'engage en effet, devant vous, à venger notre nain diminué de cette insupportable humiliation ! Ce n'est pas là un vœu de saison mais bien une décision irrévocable pour la France !
Françaises, Français, mes Chers Compatriotes, je me souhaite avec vous une année de réchauffement politique. Et je vous crie ici ce soir avec force et solennité, comme le Père jadis à mon cher et vieux Québec : "Vive la planète libre** ! Vive la République durable et Vive la France !"
_______
* Le Figaro littéraire, 5 juillet 1958.
** Libre de dioxyde de carbone et de Rikiki-me-pompe-l'air !
jeudi 24 décembre 2009
Le Chat et le Bœuf
Un nombre croissant de commentateurs, on l’aura remarqué, s’entendent à me dépeindre aujourd’hui comme un sage. Qu’on veuille donc bien me pardonner, en ce dernier jour de l’Avent, de me laisser aller à deviser sagement sur la sagesse. S’il s’agit indéniablement d’une qualité qu’on acquiert avec l’âge, je n'en fais pas moins mienne cette maxime de La Rochefoucaud selon quoi, de mémoire, "qui vit sans folie n’est pas si sage qu’on croit". Au risque de provoquer mes rares ennemis, je revendique en effet la folie des grandeurs, qu’illustreront demain un pont pharaonique et un stade digne de la Rome antique, capables d’accueillir l’un et l’autre des dizaines de milliers d’administrés en liesse ou en transit. C’est qu’il n’est point de grand sage sans défis à sa démesure, n'en déplaise aux culs pincés de Grenelle ou de Copenhague ! Je suis à la lettre un maire édifiant, qu'on se le dise !
N’est-ce point La Bruyère, homme de caractère comme moi, qui affirmait joliment que "le sage guérit de l’ambition par l’ambition même" ? J’acquiesce et suis tenté d’ajouter : "et réciproquement". S’il arrive communément à la sagesse de n’être qu'un nom respectable donné à l’impuissance, l’artiste martial - être d’exception, partout maître de soi - sait tirer patiemment de sa faiblesse l’indispensable énergie du pouvoir. On ne guérit pas plus de l’ambition que de l’incontinence, voyez-vous, on s'efforce avec l'âge de maîtriser dignement ses besoins les plus pressants. Tenez, croira-t-on que le plus grand sage que j’aie connu était un vieux chat. Renonçant aux plaisirs de la chasse, ce las prédateur avait compris par la longue observation de ses proies volatiles qu’elles pouvaient lui tomber dans la gueule comme un camembert dans celle d’un renard. Posté près d’une porte généreusement vitrée, il attendait ainsi que les oiseaux s’estourbissent contre un carreau en plein vol et tombassent à ses pieds. Je pense avoir retenu sa leçon, dont La Fontaine eût à n'en pas douter fait une fable.
A ceux qui n’auraient pas compris encore, je demande d’observer ce drôle d’oiseau qu’on nomme Razibus. Il s’excite, il volète, il s'agite, court dans tous les sens, jusqu’à se prendre les pieds dans ses propres tapis, comme dans cette stupide histoire d’identité nationale. En bon Raminagrobis, je reste en retrait et ne lui vole surtout pas dans les plumes. J’attends l'œil mi-clos qu’il trébuche et les sondages, si l’on veut bien me permettre cette façon de zeugme, assez pertinente malgré son inélégance à l’oreille. Quand j’ai enfin l’assurance que les Françaises et les Français ne suivent décidément pas leur nain, je n’ai plus qu’à lui donner un coup de patte, sans trop sortir les griffes des coussinets, juste ce qu'il faut. Les micros sont tendus et il me suffit de miauler la désapprobation du sage. Que du bonheur !
De taxe professionnelle en identité nationale, mon numéro est maintenant bien rôdé ; il fait recette avec Rikiki-s’excite. Ne surtout pas en changer ! Demeurer sagement tapi à Colombey entre mes églises ! Si votre tactique marche avec cet oiseau de malheur, me demandera-t-on, pourquoi échoue-t-elle donc avec votre pie voleuse ? Soyons francs : cela demeure pour moi un enrageant mystère. Il faut dire que, fréquentant peu l’Assemblée nationale depuis quelques années, je ne croise jamais cette agaçante agasse. Et puis, me voit-on sérieusement embusqué derrière quelque carreau du palais Bourbon, remuant la queue d'énervement ? Allons, l'oiselle est bien trop maligne pour venir se taper dans une vitre, croyez-moi ! Que fait de toute façon cette étrangère au parlement, à manger sans vergogne le pain des députés de notre ville dont certains sont au chômage ? Il y a là un vrai problème d’identité municipale dont l’opinion publique gagnerait à se saisir de toute urgence !
S’il ne tenait qu’à moi, la péronnelle serait reconduite immédiatement à la frontière de la capitale, et renvoyée par le premier train à l’hôpital ! Plutôt que de parlementer sans relâche et donner son avis sur tout, la bien nommée dame de pique ne serait-elle pas plus utile en effet à vacciner mes administrés à la chaîne, contre cette grippe H1N1 dont certains peut-être, cruellement privés d’injection, vont mourir tragiquement par sa faute ? Hélas, comme je le faisais remarquer hier à quelques journalistes attentifs et bienveillants, les identités aussi parfois sont meurtrières ! J’encourage la squatteuse qui s’est fait mon siège à relire à ce sujet l'excellent Amin Maalouf, autrement plus édifiant que son misérable blogue. Je profite de cette Sainte Nuit pour rappeler chrétiennement à la grenouille du bénitier socialiste local qu’elle n’a toujours pas sa place dans ma crèche et que, moi vivant - je le jure sur la tête de Denise ! - jamais elle ne pourra se faire ici plus grosse que le bœuf !




