
"Que votre lumière luise ainsi
devant les hommes,
afin qu'ils voient vos bonnes œuvres."
Je sais que Benoît XVI défend aussi, à mon instar, "la sobriété dans l’usage des biens matériels", ne faisant pas au demeurant un péché de leur convoitise ou de leur possession, sobriété n'étant pas abstinence. Robe blanche ou costume gris, nous sortons au fond lui et moi du même moule. N'est-il pas du reste, à sa manière propre, une sorte d’énarque de la foi, docte et tranchant, formé à l’administration religieuse comme d’autres à l’administration civile ? L’Eglise et notre cité sont fermement dirigées par un haut fonctionnaire d'exception : qui peut vraiment s’en plaindre ? Soyons francs : eussé-je choisi la religion au lieu de la politique, je serais pape à cette heure depuis longtemps, et ne continuerais pas de courir après une présidence séculière !
"Noël dans la crise, un rendez-vous pour l’espérance"… Les exégètes de la politique ne sont décidément plus ce qu’ils étaient : il ne s’est pas trouvé un journaliste dans le monde pour comprendre le sens de ma signature sous ce titre pourtant bien peu énigmatique ! C’est à désespérer. Même le nain de Rio n’a rien compris, qui s’est juste fendu d’un texto à l'humour obscur entre deux sambas : "Le génie du crise-tianisme ?" No comment. Aucun jappement non plus de ma pie voleuse sur le sujet, pour stigmatiser le cinéma de mon crédo en invoquant saint Siméon. Rien.
Mais quelle espérance, bon Dieu ! De quelle espérance croient-ils donc que je parle ? Personne pour imaginer qu’elle fût la mienne, tout simplement, que la crise providentielle dans quoi s’enfonce la France me redonne espoir pour 2012 ! Me croit-on à ce point mort, enterré, incapable de résurrection ? La charité pour s’épanouir a besoin de misère. Noël ! Noël ! Je serai le Sauveur de la France ! La lumière victorieuse du solstice sur son noir hiver politique ! Dors en paix, ô sœur bienaimée qui nous a quittés, je serai frère Emmanuel pour les Français ! Au vénal Hun vaincu succédera Alain en douze !
En moi ils mettront leur confiance,
Ô Dieu très saint ;
Moi seul suis leur espérance
et leur soutien ;
C’est pourquoi je ne crains rien,
C’est pourquoi je ne crains rien,
j’ai foi en moi,
Ô Dieu très saint.
Je ne remercierai jamais assez Nisa, qui m’a offert à l’automne une version digitale du Nouveau Testament, reçue gracieusement en service de presse. Pianotant discrètement sur mon clavier d’ordinateur pendant une longue homélie du petit Matthieu revêche en conseil municipal, suis tombé sur cette maxime de son homonyme évangéliste (V, 10) : "Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume délicieux est à eux !" Mon nouveau testament était là, mais je ne savais pas lire. Aveuglé par la colère, je ne voyais pas, et maudissais mes juges quand j’aurais dû louer Dieu ! Aimant et miséricordieux, Il m’envoie un nouveau signe ce matin : soixante-quatre mille chômeurs de plus en novembre ! Alléluia ! Sanctus Dei ! Hosanna ! Felice Anno Nuovo a me !